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07/12/2013

Allez, l'O.M. !

7.jpgIls sont toute une tablée sur la place, près de la fontaine, ils ont passé commande pour le repas dominical, des pizzas pour l'essentiel, et en attendant les adultes boivent des bières, des pastis, des mauresques, ils rient volontiers et parlent fort, on devine qu'ils ont des liens de parenté ou qu'une vieille amitié unit ces femmes et ces hommes. Les enfants jouent, ils courent autour des tables, tombent, se relèvent, s'aspergent avec l'eau de la fontaine. Fabien, ne traverse pas la rue, crie une mère en se dressant sur sa chaise. L'enfant revient près d'elle, elle se rassoit. Charles, touche pas cette cochonnerie ! dit un homme en attrapant son enfant par le col alors qu'il allait ramasser le vieil emballage d'un carnet de Miko qui traîne par terre. Bon Dieu, ajoute l'homme, pourquoi les gens ne jettent pas leurs saloperies dans une poubelle, à quoi elles servent les poubelles ? À propos de poubelles, dit un autre en s'esclaffant à l'avance, tu sais ce que ça veut dire O.M. ? Silence. Ça veut dire : Ordures Ménagères. Et de s'esclaffer plus fort. Putain, tu insultes l'O.M. ? Mais non, c'est juste une blague… Putain, répète un peu, t'as dit que mon club c'est des ordures ? Mais, c'est pour rire, merde… C'est à moi que tu dis, merde ? Les deux hommes se dressent, un verre de chardonnay se renverse et se brise. Faites pas les cons ! gueule une femme. Un enfant hurle.

 

 

05/12/2013

Maigret (Jules), commissaire à la PJ.

L’exotisme. Voilà ce que m’évoquait Maigret lorsque je lisais ses romans, étant jeune, au Maroc d’abord, au Brésil ensuite. Son Paris avec ses bistros, sa blanquette, sa choucroute, ses andouillettes me faisait rêver de grisaille, de pluies, de brumes, allongé devant un feu de cheminée, charentaises aux pieds, pipe au bec, gilet tricoté main. Sa province lointaine aux silences à peine troublés par de lentes et lourdes péniches, le manteau qu’il accrochait au perroquet en entrant dans un bistro à l’atmosphère embuée par l’humidité que dégageait un poële à mazout, l’odeur sure de vieux, le papier peint de la chambre de l’hôtel Terminus à Chateauroux avec sa truite pochée à la sauce au bleu, le sifflet du garde-barrière, me projetaient en France tandis que je me dorais au soleil de la plage d’Ipanema, un verre de caipirinha à la main. C’est lorsque je suis arrivé en France, à l’âge avancé de 34 ans, que je me suis assez vite détaché de Maigret, de son coq au vin et de sa Loulou en robe à pois. Il avait perdu de son pittoresque tandis que, parallèlement, se terminait ma jeunesse.

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19/11/2013

Un témoignage de Lamballe, version 2013

Et oui mes amis, on attend durant toute une année l'évènement et durant celui ci : on tente au maximum de se régaler ... Pour la 17ème année sous la houlette d Alain Le Flohic le Festival "Noir sur la Ville" nous a emporté dans les dédales du roman noir, du polar et c'est avec plaisir que l'on aura pu croiser nombre d'auteur(e)s qu'il ne faut pas rater : quelques mots avec Hervé Sard sur son travail (je suis vraiment une quiche : car bien souvent incapable de dire pourquoi j'aime un roman) et sur les qualités humaines de Jean Jacques Reboux, Dominique Manotti sur son opus chez Allia (le rêve de Madoff), rencontré également le très sympathique Rachid Santaki qui en quelques livres s'est imposé comme un auteur majeur, Tito Topin était là toujours souriant, Frederic Paulin : j'ai déjà dis tout le bien de son dernier ouvrage chez Goater éditions, Fondu Au Noir mais comme toujours DJ D.j. Duclock est un bavard impénitent ; donc pas encore pu lui dire tout le bien que je pense du boulot de cette association nantaise, Marie Vindy : la dijonnaise de l'étape ; pigiste au BP, et premiers romans qui se déroule dans cette ville qui m'a tant apporté, Marc Villard toujours aussi disponible, et tant d'autres ; du bonheur à l'état brut. Côté conférences ; du bon, du très bon même, par contre côté expo ; je dirais un peu mou du g'nou ; il y aurait tant de chose à faire autour des séries TV : mais bon il me sera dit que je n'ai qu'à m'y coller : ce à quoi je répondrais : chiche!!!! à l'année prochaine pour le festival de la majorité.... (Edouard Merigaud)

29/09/2013

Novembre, ce sera au Colombus Café et à Lamballe.

Le samedi 9 novembre, je suis invité à un café littéraire autour de "Des rats et des hommes" de 16 à 18 heures, au Columbus Café. 4 place d'Ariane. 77 700 Serris. J'espère que je ne vais pas me paumer dans les transports.

Les 16 et 17, vous me verrez à la Fureur du Noir (il ne s'agit pas de café) à Lamballe, avec entre autres Agnès Laroche, Anne Rambach, Anthony Pastor, Benoit Séverac, Boris Beuzelin, Carlos Salem, Claire Gratias, Claire Mazard, Claude Mesplède, Denis Flageul, Domingo Vilar, Dominique Forma, Dominique Manotti, Hervé Jubert, Elisa Vix, Elsa Marpeau, Frédéric Paulin, Gérard Alle, Hervé Claude, Hervé Sard, Jean-Bernard Pouy, Jean-Christophe Chauzy, Jean-Claude Le Chevère, Jean-Hugues Oppel, Jean-Luc Bizien, Jean-Paul Nozière, Marc Villard, Marie Neuser, Marie Vindy, Martial Caroff, Olivier Truc, Patrick Raynal, Pierre Hanot, Sam Millar, Sébastien Gendron, Sophie Loubière, Thierry Crifo, Tito Topin, Rachid Santaki.

28/08/2013

Bonne nouvelle, à Lauzerte !

Avec quelques camarades de talent, je serai à Lauzerte le dimanche 8 septembre, au festival intitulé "Place aux Nouvelles". La région est réputée pour sa cuisine, ses vins, ses vertes collines (il pleut), et pour nos livres à déguster sans modération.

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31/07/2013

On est en Libye, au plus fort de la guerre civile.

 

Une chaleur poisseuse entrave les mouvements, exacerbe les tensions. Massés dans une Land Cruiser, un groupe d’Occidentaux et de Libyens - hommes et femmes - tente de fuiLibyan Exodus.jpgr vers la Tunisie. Sous la carlingue, les tirades fusent. «Quand tous les hommes se seront entretués, les chiens pourront se libérer de leur condition et fonder une belle civilisation sur les ruines de la nôtre et vous savez pourquoi elle sera belle ? Parce que les chiens ne s’encombrent pas de l’idée de Dieu», éructe l’un d’eux.

Libyan Exodus (Ed. Rivages)

Un inédit de Tito Topin, natif d’Afrique du Nord, qui livre là un récit haletant.

(Alexandra Schwartzbrod. Libération. 7 Juil. 2013)

18/07/2013

Odyssée titonesque

 

Libyan Exodus, c'est une version moderne et libyenne de "Boule de suif", la nouvelle de Guy de Maupassant qui relate la fuite de dix personnes en calèche depuis Dieppe, occupé par les Prussiens pendant la guerre de 1870. Tous les éléments y sont réunis à travers une fuite en forme de desert movie qui n'est pas non plus sans rappeler, influences cinématographiques de l'auteur, Tito Topin, obligent, Un taxi pour Tobrouk. Et pas seulement parce que Tobrouk est une ville de la côte libyenne et que le rapprochement est aisé, pas seulement parce qu'un des protagonistes se nomme Ventura (un autre a pour nom Hitchcock !), mais parce que pour ceux qui ont vu le film de Denys de la Patellière, l'avion aura une incidence finale non négligeable.
Mais avant une fin funeste et prévisible, Tito Topin aura renoué avec une veine romanesque qui va puiser du XIXe à la première moitié du XXe pour son aspect aventureux à la Pierre McOrlan. Dans son roman très structuré, qui alterne narration chronologique de l'aventure collective et passage en revue introspectif de chacun des acteurs du drame qui se joue sous nos yeux, Tito Topin crée à l'intérieur d'un Land-Cruiser une atmosphère oppressante avec un panel de personnages qui sous des identités vraies ou fausses ont beaucoup en commun. Tous fuient un conflit meurtrier en plein Printemps arabe. Tous ont une raison évidente de fuir. Parfois misérable, lâche ou veule, parfois parce que lorsque la bête immonde s'abat sur vous, c'est juste une question de survie. Parce qu'ils se connaissent sans vraiment se connaître, des liens haineux s'installent - chacun connait un pan de l'histoire d'un autre voyageur sans appréhender jus
tement le contexte. Tous ont une haine entre eux parce que d'abord ils se haïssent eux-mêmes suite à quelque chose qu'ils ont ou pas fait, et qui les renvoie à leur petite survie mesquine.
Les seuls à véritablement prendre les choses autrement sont Salima et Henri. Salima, une saltimbanque qui a fini par coucher avec la
Pourriture dans l'eLibyan Exodus.jpgspoir de la tuer, Henri, un aviateur français abattu en vol, dont la femme veut le quitter pour son meilleur ami, et qui a échappé à un lynchage urbain en règle grâce à l'aide de Chino, le chauffeur, qui sera le premier à mourir sous la torture lors de leur seule et unique halte, où ils logent dans un hôtel en ruine alors qu'un officier aux ordres du pouvoir attend d'envoyer ses troupes au front et souhaite que Salima monte dans sa chambre d'hôtel, la seule digne de ce nom.
D
ans la nouvelle de Guy de Maupassant, chacun met la pression sur Boule de Suif pour qu'elle accepte la proposition indécente d'un officier prussien omnipotent, qu'ils jugent à raison responsable du fait qu'ils ne peuvent repartir. Mais Salima prévient : si elle couche avec l'officier, alors elle choisira qui repartira le lendemain avec elle. Elle n'est pas Boule de Suif, elle ne se laissera ni faire, ni attendrir par des personnes qui sont toutes à au moins un titre méprisables. C'est le premier écart qu'accorde Tito Topin à son épopée tragique. Son officier libyen est peut-être le plus humain de l'hôtel. Lui est un militaire qui ne se pose pas trop de questions et obéit aux ordres. Il a rendez-vous avec un destin funeste et le sait parfaitement. Ses motivations pour faire monter Salima ne sont pas celles que l'on croit. Cela n'excuse en rien les tortures que par son silence il a cautionné.
 Le refus initial de Salima de le rencontrer scellera le sort de tous. Tous qui ont à voir d'une manière ou une autre avec la Pourriture, Mouammar Kadhafi, le dictateur dont le nom ne sera prononcé pour la première fois qu'à la 167e page de ce très bon court roman caustique et enlevé.

Citation :

"Je vous laisse, je vais me reposer, c'est fou comme le sentimentalisme prend des proportions ridicules dans un pays en guerre, comme s'il fallait se dépêcher de s'aimer avant de mourir."

Julien Vedrenne (K-libre)

24/06/2013

Ecoutez LIBYAN EXODUS sur RTL.(C'est-à-lire. Bernard Poirette)


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