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01/08/2015

Paris, théâtre d'une affaire sanglante.

Paris est une fête, écrivait Ernest Hemingway, entre Le Select et La Closerie des Lilas.  Le capitaine Giraudoux, qui n'a sans doute rien à voir avec l'écrivain du même nom, en dehors d'un même sens du tragique et du mythe, n'y est pas vraiment à la fête, lui. Chez les Atridès, dans le quartier Plaisance, villa Léone, il y a du rififi et la famille bien sous tous rapports (père général avec brillants états de service, mère BCBG, fille bonne élève…) s'est déchirée. Résultat, deux morts sur le carreau. Et un rejeton en garde à vue s'accusant de tout. Le camarade Giraudoux doit donc démêler les fils d'Ariane de cette affaire pleine de complexes, où personne ne s'appelle Œdipe, même si tout le monde y pense fortement. A l'ombre du lion de Denfert-Rochereau, les histoires d'amour finissent mal, comme partout ailleurs… Même si Pablo Picasso, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Louis Aragon, Elsa Triolet, Henry Miller, Patti Smith et quelques autres ont fréquenté le quartier.

Tito Topin, l'autBloody Paris.jpgeur de Bloody Paris, est loin d'être un perdreau de l'année. D'aucuns vous diront, l'inspecteur Navarro, c'est lui. Certes. En 1989, il a inventé le personnage joué par Roger Hanin dans une série de cent huit épisodes, dont il assura la direction. Mais ce diable d'homme ne peut être réduit à un commissaire bougon et taciturne à l'accent pied-noir. Auparavant, Tito, copain de Jean Yanne, réalisa avec lui un album de BD, La langouste ne passera pas, délire dadaïste sans gêne. Ils conçurent ensemble les affiches et les génériques des monuments du cinéma que sont Tout le monde il est beau, Moi y'en a vouloir des sous, Les Chinois à Paris. En 1982, Topin décrocha son bâton de maréchal en écrivant pour la Série Noire Graffiti Rock, un polar d'une ironique noirceur, aux dialogues ciselés, dignes de Donald Westlake. S'ensuivirent jusqu'à aujourd'hui une bonne vingtaine d'autres (55 de fièvre, Piano Barjo, Photo Finish, Des rats et des hommes, Métamorphose des cendres, etc.) A chaque fois, le jazz y fait la fête. Comme dans Bloody Paris. Avec une pincée d'Illinois Jacquet. Et un lamento d'Abbey Lincoln accompagné par les seules baguettes de Max Roach…

Yann Plougastel