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28/05/2014

Cendres dansantes

 

Avec un véritable souffle humoristique, Tito Topin nous embarque dans cette Métamorphose des cendres, roman jubilatoire s'il en est. L'histoire, si on la prend à sa racine, est simple et sombre à souhaits : un homme qui a abattu de sang-froid un ministre parti sur les lieux d'un accident nucléaire a dorénavant un contrat sur sa tête. Et celui qui doit se charger de l'éliminer n'est autre que son père... qu'il n'a jamais vu. S'y ajoute le fait que tous deux sont atteints de valvulopathie et se nourrissent au Xanax (ceci expliquant cela et surtout l'abandon paternel). Mais plutôt que de prendre l'autoroute Jean-Patrick Manchette, Tito Topin choisit de s'engouffrer dans les petits sentiers lumineux de Donald Wesimg080.jpgtlake. Le scénario devient particulièrement foutraque et s'orne d'absurde et d'humour juif pour amorcer la pompe à la manipulation politique. Car il y a derrière toute cette histoire un président de la République omniprésent qui ne songe qu'aux Unes des principaux médias, et qui joue avec les actualités, les faisant rebondir à son gré alors que la France est au bord de l'embrasement. Plusieurs personnages vont se croiser, se confronter et se fuir dans une vaste et presque mondiale chasse à un trésor représenté par l'urne funéraire d'un ministre au nom à faire tapisserie, Mocquette. La bêtise, qui depuis ses débuts n'a cessé d'être universelle, est ici l'apanage des grands de la France du simple président au plus terrible policier. Et le commissaire Sardi, époux d'une femme en fauteuil roulant qui fume clope sur clope et n'en manque pas une pour le rabrouer, doit faire avec les exigences politiques pour retrouver et tenir à distance un tueur, un gang kidnappeur de cendres et des jeunes idéalistes du VPBD (Vox Populi, Bordel Dei), qui bloquent les principales artères en abandonnant des véhicules semant la pagaille. À partir du moment où une demande de rançon sera sur le tapis (de Mocquette), les prétendants à l'arnaque seront nombreux. Le roman prendra des tournures d'Aztèques dansants, le roman trublion de Donald Westlake, surtout lorsque l'argent sera dument mis dans une valise à roulettes. Mais, entre-temps, le lecteur aura pu travailler ses zygomatiques dans un avion en route pour Israël ou dans un rade obscur parisien tenu par une drôle de gérante excellemment décrite. Roman après roman, Tito Topin confirme l'auteur aux multiples palettes et facettes qu'il est. Ses phrases sont délicieuses, il jongle avec les mots et s'amuse de leur sens et de leur sonorité pour aboutir à un court roman peu qualifiable mais jouissif... (Julien Vedrenne. Mercredi 21 mai 2014)

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