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10/04/2011

Des rats et des hommes

 

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Le livre, c'est Des rats et des hommes, de Tito Topin, un vrai grand du polar francaoui que Jérôme Leroy a oublié dans son article de la  Revue générale de Belgique  (janvier 2011). Tito n'est pas seulement le créateur du commissaire Navarro ni seulement un homme délicieux, bon vivant, raffiné et pratiquant une hospitalité orientale dans sa casbah du Lubéron, il a une longue carrière de graphiste, auteur, graveur, dont vous trouverez les traces sur son site. Signalons aussi dans les années 70 sa complicité avec Jean Yanne (hilarantes BD et participation à "Les Chinois à Paris", ce film chef d'oeuvre foutraque sur la fibre collaborationniste des français). Il est surtout l'auteur de très beaux romans noirs: la série autour de la période de décolonisation du Maroc  qu'il a vécue à la première personne (dont 55 de fièvre, Piano Barjo, et mon préféré, Photo Finish). Dans un Paris en proie à une crise des ordures à la Napolitaine et à la montée des fanatismes religieux (si j'ai parlé de Leroy, ce n'est pas par hasard, c'est le même futur proche rongé par les rats et les blattes que maints bouquins de l'ami Jérôme), un vieil ex anarcho-autonome rongé par le crabe, doté de rejetons incestueux et de complices subclaquants règle des comptes avec ses complices d'autrefois qui l'ont trahi. Outre l'aspect visionnaire qui décrit notre monde juste un peu plus pourrissant qu'aujourd'hui, on est ravi par l'art du dialogue décalé, devenu presque un genre à part entière depuis Reservoir Dog. On apprécie particulièrement la pute Olga qui débite avec candeur de longs discours humanitaires dignes de BHL et Mère Teresa réunis. Un bouquin superbe, qui m'a tenu de Paris à Brive et heureusement que le train s'arrêtait là, sinon je ratais la correspondance.

Serge Quadruppani.

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