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14/05/2010

Un tabac à Durham...

 

Mercredi 31 mars. Pris un petit déjeuner sur Meeting Street. My God, apprenez à manger à ces natives ! Je sais que les Marocains s'ingurgitent des sfinges huileux au petit dèje, que les Espagnols sont friands de churros graisseux qu'ils sont les seuls à pouvoir digérer, que les Bantous croquent des sauterelles grillées sur des ceps de vigne, mais les Américains les enterrent tous. A part ça, la ville est une splendeur, le bord de mer est un festival de splendides demeures rescapées de la guerre de Sécession. Des ventilateurs tournent lentement au-dessus de vérandas éclaboussées de couleurs de printemps, des fauteuils en osier tendent les bras à des boissons fraîches, des enfants jouent dans des rues ombragées, un fiacre passe, l'espace d'un instant on a cru apercevoir la silhouette de Scarlett O'Hara. Chantal veut visiter le Musée de l'Esclavage. En le parcourant, je ne peux que regretter leur disparition. Les Noirs étaient mieux habillés qu'aujourd'hui, ils ne connaissaient pas le chômage et jouaient du banjo en chantant des airs nostalgiques d'une voix éraillée. Quand ils ne servaient pas leurs maîtres, quand ils ne faisaient pas bouillir le linge dans des lessiveuses en étain, ils dansaient des claquettes sur le pont des bateaux qui transportaient le coton, c'est dire combien leur nature était insouciante. IMG_1775.JPG
IMG_1770.JPGA midi, nous déjeunons au Magnolias, sur l'East Bay, et aussitôt après nous reprenons la route en direction de Chapel Hill. Partout les mêmes maisons préfabriquées, plantées n'importe comment dans la nature. On traverse des grands espaces où elles attendent leur acheteur, posées sur de gigantesques palettes. Ensuite, elles sont transportées par camion sur le terrain de l'heureux propriétaire. Idem pour les églises. Toutes pareilles sur le bord de la route, toutes préfabriquées. Il ne reste aux prédicateurs qu'à changer un peu le décor selon leurs nombreuses croyances, baptistes, adventistes du septième jour, mormons ou adorateurs de l'oignon frit. Ici, les églises peuvent s'acheter à crédit, c'est la volonté divine. Ainsi n'importe qui peut avoir la sienne et ouvrir ses portes aux ouailles à condition de savoir lire la bible, d'avoir un habit noir et la tête d'un escroc. J'aurais volontiers pratiqué cette vénérable fonction si j'étais né américain, j'aime répandre le bien et la bonne parole autour de moi, tout le monde vous le dira. De retour à Chapel Hill, nous trouvons Yvon avec une barbe de trois jours. Il ne peut plus se raser, il s'est cassé la clavicule.

IMG_1831.JPGIMG_1836.JPGJeudi 1er avril. La journée s'annonce chaude. Depuis notre arrivée dans le Nouveau Monde, nous avons bénéficié d'un temps splendide ce qui me donne à penser qu'Obama avait eu vent de notre venue et nous accueillait comme il convenait. En fin de matinée, nous reprenons notre voiture de location et Chantal nous conduit jusqu'à Durham, une ville proche de Raleigh. Pendant tout le trajet, elle subit les recommandations d'Yvon. Attention, tu vas trop vite. Gare-toi bien entre les lignes. Laisse passer la voiture bleue. Ne double pas, ralentit, accélère, etc. Même de ce côté-ci de l'Atlantique, les hommes s'avèrent machos dès qu'une femme prend le volant. Curious, it's not ? Durham a été une capitale du tabac, ce qui explique sans doute le fait que sa population est noire à 90%. L'ancienne usine de Lucky Strike où nous allons, une architecture industrielle faite de briques, de fer et de bois est devenue une université. Un exemple réussi de reconversion. Nous déjeunons sur le campus, en plein air, rafraîchis par une eau partout présente sous forme de canaux, de cascades, de fontaines. Yvon commande un sandwich, comme d'habitude. Je me souviens que dans les comics de ma jeunesse, Popeye avait un copain, Gontran, qui s'empiffrait de sandwiches gros comme des cabines téléphoniques. Je croyais alors qu'il était né de l'imagination de l'auteur mais en voyant Yvon mordre dans son hamburger à étages, je m'aperçois qu'il n'avait fait qu'observer ses contemporains.IMG_1845.JPGIMG_1853.JPG L'après-midi, nous faisons nos courses à Carrboro. Des huiles essentielles pour ma fille, des cooked shrimps, un cored pineapple, une crème à raser. Sur le ticket de caisse de Harris Teeter, il est stipulé que si nous ne sommes pas entièrement satisfaits de nos achats, please call the store manager : Scott Riley. Il faut que je pense à l'appeler pour lui dire que sa crème à raser entre sûrement dans la composition de la chantilly locale mais n'aide en rien au rasage. Son téléphone est le 919.942.8564 au cas où vous auriez besoin de le joindre.

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