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09/05/2010

Carnets de voyage (suite)

 

IMG_1487.JPGSamedi 27 mars. Yvon nous a installés chez son propriétaire, un jeune milliardaire qui a fait fortune en vendant un site internet. Grande maison en bois, dominant la forêt, genre chalet suisse boursouflé au Bigmac. Les murs de notre chambre sont vert pistache, le lit si haut qu’il faut prendre son élan pour y grimper, la salle de bains n’a pas prévu de place pour la brosse à dents. J’avoue avoir un faible pour la chasse d’eau des toilettes américaines, reproduction au 1/1000ème des chutes du Niagara. En échange, leurs douches devraient s’inspirer des nôtres, plus pratiques. Dehors, beau temps mais froid. IMG_1470.JPGAprès un bon café avec Yvon, visite des écuries, tour de l’étang, promenade dans la forêt avec les chiens. Le printemps éclate autour de nous, Chantal fait la lessive en plein air.IMG_1793.JPG Vers l’heure du déjeuner, nous allons faire nos courses à Weaver Street Market, à Carrboro, le bourg le plus proche. Je dis bourg car il est difficile de donner un nom aux petites villes américaines, elles n’ont ni centre ni périphérie. Weaver Street est jeune, proche d’une université. On y achète sa nourriture (?), ses boissons et on s’installe à l’extérieur, sur une table, sur un banc, sur le gazon selon saison. C’est ce que nous faisons. Yvon nous explique qu’ici, on pratique toujours le hoola-hoop. Il existe des concours, des championnats. Les hippies sont les plus assidus. Les mots hoola-hoop, hippies, me replongent au cœur des années 70. L’Amérique, c’est le modernisme mais aussi un conservatisme impensable en Europe. Extérieurement, rien ne bouge. Les bus-schools paraissent sortir d’un film en noir et blanc des années 40. Les camions, les voitures de pompiers, les enseignes n’ont pas changé. Sur les publicités, les couples sourient comme souriaient les personnages de Norman Rockwell. Jusqu’aux uniformes de contrôleurs de train qui ont gardé leurs couleurs, leurs boutons, leurs casquettes. Modernisme et traditions. Le soir, dîner dans le box d’une mangeoire (Elmo’s). La serveuse s’appelle Jessica, elle a un bonnet de dentelle dans les cheveux et un tablier aux bords arrondis. Thank you so much.

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Dimanche 28 mars. La journée ressemble à celle de la veille. Repos. Balades dans les bois. Il ne fait pas chaud et comme les fahrenheits sont déprimés, nous décidons de partir vers le sud, dès demain.

Lundi 29 mars. 33° fahrenheit. Froid, moche. Nous confions notre itinéraire à Georgette Pinto-Sanchez et partons pour Savannah dans notre voiture de location. 350 miles. 560 kilomètres si vous préférez. La route est agréable, la conduite facile. Déjeunons d’un longfoot dans une mangeoire appelée Subway dont Yvon nous a rabattu les oreilles. Désormais, nous nous méfierons des emballements des Français vivant ici, ils adoptent les pires habitudes du pays dans le but d’obtenir leur naturalisation plus vite. Au volant, je relaie Chantal maintenant que je me suis habitué aux panneaux de signalisation. C’est la première fois que je conduis aux Etats-Unis et grâce à mon excellente copilote nous pénétrons dans Savannah en début d’après-midi. Température idéale. Le B and B que Chantal a retenu est au 117 West Gordon Street, près de Chatham Square, dans le centre historique. Un bijou. Notre chambre s’appelle Pulaski, du nom de ce comte polonais, général sous les ordres de Lafayette, mort au siège de Savannah en 1879.

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La ville est un enchantement. Ce ne sont que squares, maisons coloniales, arbres impressionnants qui servent de supports à la mousse espagnole, cette sorte de barbe blanche qui pend des branches. Des heures durant on se promène sans se fatiguer d’admirer des centaines de maisons historiques aux vérandas dotées de ventilateurs, certaines encore habitées, d’autres devenues musées, hôtels, on les photographie sous tous les angles de peur de mettre en doute ce qu’on a vu, de retour au pays. Je suis prêt à apprendre l’américain et le mâchouiller pour passer mes vacances ici. On visite le vieux cimetière, en pleine ville. Beaucoup de noms français sur les tombes. C’est là que Clint Eastwood a tourné « Minuit dans le jardin du bien et du mal ». Le soir, sans méfiance, nous faisons confiance à notre hôtesse et partons à la recherche du Crystal Beer Parlor pour y dîner. C’est dans Jones Street, à quelques rues de chez nous mais je ne sais pour quelle obscure raison, les plans de cette ville sont à l’envers. Carte largement ouverte devant nous, on s’arrête sous un lumignon pour tenter de nous localiser. Une voiture de police passe. S’arrête. Fait marche arrière pour nous venir en aide. Le policier nous indique la bonne direction. Malheureusement ses indications sont bonnes et nous trouvons le restaurant. La serveuse s’appelle Karen, elle est grosse, elle est noire, elle a un croissant de dentelles dans les cheveux et un tablier rond. Thanks for visiting. Please come again !

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