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06/05/2010

Carnets (suite)...

 

N-Y..JPGMercredi 24 mars. A l’hôtel (le Parker Méridien), le service du petit déjeuner est d’une étonnante mollesse dans un pays réputé pour son efficacité. Dehors, nous levons la tête vers un ciel bleu outremer. Pas un nuage. Blue skies, comme le chante un vieux standard d’Irving Berlin récemment repris par Caetano Veloso. Nous sautons dans un de ces fameux Yellow Cabs à damiers noirs et blancs qui circulent en tous sens. Chantal jette au chauffeur l’adresse de South Ferry, situé à la pointe sud de Manhattan. Le bateau pour Staten Island est un gros rafiot à la coque d’acier alourdie par de multiples couches de peinture. Il arbore un drapeau français sans qu’on sache pourquoi. La banquette où nous prenons place est luisante de patine, couverte d’inscriptions, quelques-unes tracées au canif. Rempart d’acier de verre et de béton dressé sur la mer, Manhattan s’éloigne dans le sillage tandis que nous croisons la statue de la Liberté, sorte de grand bougeoir christique à la tête auréolée d’épines. Staten Island n’offrant aucun intérêt sinon celui d’un panorama exceptionnel sur New-York et le New-Jersey, nous reprenons le ferry en sens inverse. Notre guide (Lonely Planet) nous recommande d’aller boire un drink au bar d’un hôtel qui se trouve vers Battery Park. Pas de bol, il est closed. Au déjeuner, nous mâchouillons le contenu d’une boîte en plastique dans une mangeoire animée par un grand écran de télévision où passe une série débile que nous n’allons pas tarder à nous farcir en France. Judge Madvis, ou quelque chose d’approchant. Après une bonne balade dans le quartier où Chantal achète à un Indien un bonnet et un foulard pour remplacer ceux qu’elle a oubliés en cours de route, nous retournons faire une pause à l’hôtel en consultant Time Out à la rubrique Jazz. On s’accorde sur le Small’s, une boîte de Greenwich Village où se produit un guitariste inconnu de nous deux, Peter Bernstein. Comme son nom l’indique, l’endroit est petit. Minuscule et crade. Des carpettes élimées en guise de cache-misère, des lambeaux de mousse alvéolée au plafond en guise d’acoustique, un essuie-mains en éponge posé sur un lutrin qui semble avoir épongé la sueur de cinq générations de jazzmen sans connaître la douceur d’un lave-linge. Le guitariste est sympathique, du genre professeur de school-music. Il est appliqué, joue en regardant ses doigts et dédie un morceau à son fils qui, par chance, n’a pas encore l’âge de l’écouter. En sortant, nous trouvons un thaï dans la même rue. Excellent, marrant.

 

Mangeoire.N-Y.JPG

 

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