20/08/2014

À LIRE À TOUT PRIX !

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13/06/2014

Vox Populi, Bordel Dei.

 

Tito Topin, comme Bourdieu ou John Le Carré, fait partie de ces auteurs qui, à rebours d'une évolution qu'on avait fini par considérer comme inévitable, s'abstiennent de se droitiser en vieillissant et choisissent plutôt de s'enrager davantage contre le monde tel qu'il va. Depuis que la machine à cash de l'inspecteur Navarro a été rangée au garage des rediffusions, Tito a retrouvé le temps de nous livrer ces polars qui, dans les années 80, nous avaient mis l'eau à la bouche. Désormais, son oeuvre continue en suivant deux filons. Celui des années de la décolonisation marocaine, qui sont aussi celles de sa jeunesse: âpre poésie, violences racistes, sensualité, absurdités meurtrières des affrontements, jeunesse rêvant de jazz et d'Amérique, portraits d'enfants et de femme, c'est la partie de son oeuvre sans doute la plus personnelle, qui a notre préférence. Mais cela ne diminue pas les mérites de l'autre, celle où il décrit la déliquescence du monde contemporain. Humour noirâtre, métaphore osées, le copain-complice de Jean Yanne sait nous faire rigoler jaune mais c'est aussi un maniganceur d'intrigues hors pair : coïncidences malheureuses, bifurcations inattendues, eau de boudin, le récit ne cesse de nous surprendre tout en nous laissant le temps de nous attacher aux personnages: dans Métamorphose des cendres, le commissaire ripoux et sa femme cancéreuse ne sont pas piqués des hannetons. Comme en plus ça se passe dans un futur proche qui ressemble beaucoup à notre présent (ici, fuites nucléaires, manifestations d'un mouvement appelé Vox Populi, Bordel Dei, retenons le sigle, la trouvaille pourra toujours servir…) et comme Tito ignore la moraline, on retrouve ce plaisir sans égal, plaisir enfantin qui nous accompagnera jusqu'à la fin : tourner la page, jusqu'à la dernière. (Serge Quadruppani)

28/05/2014

Cendres dansantes

 

Avec un véritable souffle humoristique, Tito Topin nous embarque dans cette Métamorphose des cendres, roman jubilatoire s'il en est. L'histoire, si on la prend à sa racine, est simple et sombre à souhaits : un homme qui a abattu de sang-froid un ministre parti sur les lieux d'un accident nucléaire a dorénavant un contrat sur sa tête. Et celui qui doit se charger de l'éliminer n'est autre que son père... qu'il n'a jamais vu. S'y ajoute le fait que tous deux sont atteints de valvulopathie et se nourrissent au Xanax (ceci expliquant cela et surtout l'abandon paternel). Mais plutôt que de prendre l'autoroute Jean-Patrick Manchette, Tito Topin choisit de s'engouffrer dans les petits sentiers lumineux de Donald Wesimg080.jpgtlake. Le scénario devient particulièrement foutraque et s'orne d'absurde et d'humour juif pour amorcer la pompe à la manipulation politique. Car il y a derrière toute cette histoire un président de la République omniprésent qui ne songe qu'aux Unes des principaux médias, et qui joue avec les actualités, les faisant rebondir à son gré alors que la France est au bord de l'embrasement. Plusieurs personnages vont se croiser, se confronter et se fuir dans une vaste et presque mondiale chasse à un trésor représenté par l'urne funéraire d'un ministre au nom à faire tapisserie, Mocquette. La bêtise, qui depuis ses débuts n'a cessé d'être universelle, est ici l'apanage des grands de la France du simple président au plus terrible policier. Et le commissaire Sardi, époux d'une femme en fauteuil roulant qui fume clope sur clope et n'en manque pas une pour le rabrouer, doit faire avec les exigences politiques pour retrouver et tenir à distance un tueur, un gang kidnappeur de cendres et des jeunes idéalistes du VPBD (Vox Populi, Bordel Dei), qui bloquent les principales artères en abandonnant des véhicules semant la pagaille. À partir du moment où une demande de rançon sera sur le tapis (de Mocquette), les prétendants à l'arnaque seront nombreux. Le roman prendra des tournures d'Aztèques dansants, le roman trublion de Donald Westlake, surtout lorsque l'argent sera dument mis dans une valise à roulettes. Mais, entre-temps, le lecteur aura pu travailler ses zygomatiques dans un avion en route pour Israël ou dans un rade obscur parisien tenu par une drôle de gérante excellemment décrite. Roman après roman, Tito Topin confirme l'auteur aux multiples palettes et facettes qu'il est. Ses phrases sont délicieuses, il jongle avec les mots et s'amuse de leur sens et de leur sonorité pour aboutir à un court roman peu qualifiable mais jouissif... (Julien Vedrenne. Mercredi 21 mai 2014)

04/05/2014

MÉTAMORPHOSE DES CENDRES.

Dans les bacs le 21 mai. Noir et beau comme du goudron.img080.jpg

"Le commissaire Sardi pousse un long soupir de résignation et plie une tranche de mortadelle en quatre avant de la fourrer dans sa bouche.
- Je savais que vous alliez faire une connerie, dit-il à ses deux adjoints, j’en étais sûr mais je ne savais pas laquelle, j’en avais imaginé des tas, je me disais que vous alliez vous tromper de crématorium, ou bien vous tromper de cendres, ou bien les faire tomber, ou que vous alliez crever un pneu, ou écraser un cycliste, ou flancher au dernier moment, mais bravo les gars, félicitations, vous me gâtez, vous avez réussi à me surprendre."

Alors que la contestation bat son plein et qu'un ministre est assassiné, un policier indélicat imagine une manière extrêmement originale de faire chanter la famille du défunt. Il ne se doute pas que pour un flic, penser plus haut que son Q.I., c'est appuyer sur le bouton de l'apocalypse.
Tito Topin le fait avec délectation, créant des personnages drôles et attachants qu'il plonge dans une sauce noire dont il a la recette pour en faire ressortir l'humanité.

01/04/2014

Portrait de Polnareff

Illustration pour un magazine, année 69 (encre de Chine et feutre).

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06/03/2014

ILS N'ONT PAS VINGT ANS !

Scénario et dialogues, Tito, Frédérique et Sandra Topin. Partageant la même passion pour les chevaux, deux adolescents amoureux l'un de l'autre (Guillaume Canet, Olivia Bonamy) sauvent un pur-sang avec la complicité d'un ancien journaliste hippique (Jean Yanne).

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La grotte de la Squaw (BD avec Gérard Sire aux manettes)

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11/02/2014

A ne pas confondre avec la vie comme un (bi)polaire.

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